
De la pluie dans la nuit
Qui coulait ainsi, sans bruit,
M'enveloppa de fraîcheur
Au milieu d'un rêve sans douceur.
Goutte à goutte apaisant
Qui égraine son chant cristallin
Tandis que dans mon corps gisant
Bouillait un sang félin.
Je rêvais d'un amour impossible
Aux étranges caresses impudiques
Et l'orage s'en mêla, ludique,
En un méli-mélo indicible.
Je ne savais plus du sommeil,
De l'amour, du rêve ou de l'éveil,
De la nature en émoi au dehors
Qui était alors le plus fort.
De ce rêve torride, de la pluie sans âge,
Du souvenir concret d'un visage
Qui s'offre et s'abandonne
Comme l'eau qui, à la terre, se donne ;
Lequel des deux a le mieux su
Retenir l'attrait de ma mémoire
Et entrer à pas feutrés dans mon histoire ?